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Évolution du prix des œufs – Lettre d’un producteur

Chers consommatrices et consommateurs, C’est avec plaisir que je prends mon clavier en ce début d'année 2026 afin de vous adresser nos meilleurs vœufs pour cette nouvelle année...

Chers consommatrices et consommateurs,

C’est avec plaisir que je prends mon clavier en ce début d’année 2026 afin de vous adresser nos meilleurs vœufs pour cette nouvelle année, au nom de tous les producteurs d’œufs fournissant Alter Conso chaque semaine.
Actuellement, nous sommes 3 paysans très heuroeufs (j’arrête !!), Laura, Cyrille et moi-même, Quentin.

Ce sujet, c’est le prix de vente de nos œufs à Alter Conso !

Concernant la pérennité de nos fermes, nous avons souhaité remettre à plat un sujet important lors du Conseil de Coopération du 19 janvier dernier, et nous souhaitions vous en rendre compte.

Ce dernier n’a jamais réellement été pris à bras-le-corps par les producteurs et, dans un contexte où le monde agricole français n’est pas au beau fixe, c’est un facteur majeur que l’on ne peut plus négliger.
La coopérative a un fonctionnement qui lui est propre et, par conséquent, l’évaluation d’un prix de vente juste n’est pas une mince affaire.

Les 3 raisons qui nous ont poussés vers ce chantier

1 – La mise en corrélation avec nos charges, qui augmentent annuellement et parfois même pluriannuellement.
Le meilleur exemple est celui des emballages qui contiennent nos œufs : +19 % entre le 01/01/25 et le 01/12/25.
L’achat des poules, de l’aliment, de l’énergie, le transport, etc., sont soumis à des fluctuations croissantes tous les ans pour des raisons diverses (géopolitiques, modification du cahier des charges AB, etc.).

Nous avons même des taxes, avec rétroactivité, qui tombent du ciel par arrêté ministériel, auxquelles nous devons faire face sans consultation préalable des éleveurs.
Exemple très concret : la taxe mensuelle sur l’ovosexage qui nous a été imputée au printemps 2025 afin de soutenir les couvoirs qui ont mal géré leur opération. Taxe qui va, à partir de janvier 2026, nous être transférée sur l’achat de nos futurs animaux dorénavant.
Je vous invite à vous intéresser au sujet par vous-mêmes.

2 – La mise en corrélation avec le travail et les obligations demandés par la coopérative.
En effet, pour nos autres débouchés (magasins, restaurants), nous avons juste à déposer nos œufs en vrac (en alvéoles de 30 œufs sans conditionnement), avec un bon de livraison, et c’est terminé.

Pour Alter Conso, même si le travail est réalisé avec entrain, celui-ci est bien différent.
Il y a de l’emballage, de la mise en caisse, du dispatching par lieu, des distributions avec des déplacements à assurer, ainsi que du temps essentiel à allouer au bon fonctionnement de la coopérative (réunions, AG, ateliers, etc.).

Tout cela est souhaité par les paysans, mais force est de constater que ce sont de nombreuses heures de travail en plus au final… On ne peut donc pas comparer la coopérative à un autre débouché, alors qu’en plus nous valorisons actuellement nos œufs moins chers à Alter Conso, ce qui n’est pas logique au vu de mes explications.

3 – La mise en corrélation avec les prix du marché de la zone lyonnaise (cf. doc PJ tableaux comparatifs).
Une étude des prix de vente des divers circuits de distribution (marchés, GMS, AMAP, etc.) révèle que nous sommes en dessous du prix normalement pratiqué.
Dans une certaine mesure, tant mieux pour vous, chers adhérents, mais il y a des effets pervers à cela. On dévalorise notre produit et notre métier, on fragilise notre activité, on déséquilibre notre propre marché sur la zone lyonnaise. Et selon moi, le plus important, c’est qu’il faut que le « débouché Alter Conso » pour un producteur travaillant déjà dans la coopérative ou intégrant prochainement la structure, soit attractif, au risque de ne plus avoir de producteur à l’avenir.

Pour toutes ces raisons, il a été convenu qu’au mois de mars 2026, le prix de l’œuf passera de 0,40 € à 0,46 €, soit pour une boîte de 6 œufs de 2,40 € à 2,76 € (hors frais de fonctionnement).

Nous retrouverons une cohérence bien plus proche des réalités du territoire, sans abus non plus, en respectant toujours les principes de l’Économie Sociale et Solidaire à travers les différents taux de frais de fonctionnement des adhérents.

Au sujet de la qualité de nos œufs extra-frais AB

Laura et moi-même avons des poulaillers, des locaux et des outils de travail assez modernes, ainsi qu’une pratique et une organisation qui font que nous pouvons vous proposer, depuis 2009, des œufs d’une qualité normée pour la grande distribution et la restauration collective : œufs très propres, coquilles marron, solides, etc.

Cyrille, qui est le dernier arrivé d’entre nous, travaille de façon plus « paysanne », avec des locaux différents des nôtres, plus rustiques, et des poules plus âgées qu’il garde longtemps en production.

Par conséquent, vous avez sans doute remarqué que les œufs diffèrent dans vos paniers suivant les semaines. Les œufs de Cyrille peuvent être plus fragiles, plus clairs mais souvent plus gros! : c’est lié à l’âge de ces demoiselles. Certains œufs sont plus ou moins souillés ; la raison tient ici à la météo et à l’humidité extérieure, ainsi qu’à la conception de ses pondoirs, qui n’empêchent pas ces dames d’y accéder librement et de salir leur chef-d’œuvre. Cyrille a décidé d’acheter peu à peu des pondoirs pour améliorer cette problématique.

C’est aussi ça, la pluralité des fermes à Alter Conso !

Nous resterons vigilants à vos remarques si un mécontentement se faisait ressentir à tout niveau.
Nous sommes conscients que personne ne souhaite acheter des œufs cassés ; par conséquent, nous allons prévoir quelques œufs en plus sur chaque lieu de distribution afin de pallier les éventuels accidents.

Voilà 17 ans que je suis très fier de la fidélité de nos relations mutuelles et de la confiance établie entre nous !
De la part de nous trois paysans, MERCI pour cette belle histoire qui se poursuit chaque semaine !

À bientôt.

Coopérativement,

Quentin – GAEC du Mûrier